Immersion dans l’hôtel 128 ; le cœur de Street Art City !

Immersion dans l’hôtel 128 ; le cœur de Street Art City !

23 avril 2019 0 Par Séverine

 

Je vous propose de continuer ce voyage au cœur de Street Art City avec la découverte de l’hôtel 128 ! Une immersion hors du temps, dans cet hôtel ou plutôt lieu dortoir vue la taille des chambres. Le lieu est bien sûr brut, sans lumière, non chauffé, décati, un brin Urbex et chacune des chambres a été investie par un des artistes en résidence. Si vous avez pris le voyage en route, je vous conseille de lire mon 1er article sur ce lieu unique avant d’attaquer celui-ci 😉

Et si vous me demander si les 8 euros de plus pour rentrer dans l’Hôtel 128 valent le détour ; je vous laisse découvrir la réponse en images !

 

L’Hôtel 128 une expérience hors du commun !

Si vous n’avez pas connu l’ère des squats d’artistes, comme l’œil du Cyclone ou encore l’Hôpital Ephémère à Paris ; vous allez pouvoir rattraper le temps perdu ! Visiter l’Hôtel 128 s’est s’éloigner du Street Art de rue et rentrer dans l’intimité des artistes. D’ailleurs certaines chambres frôlent plus avec l’univers des installations que l’on pourrait retrouver au Palais de Tokyo que celui du Street Art pur et dure. C’est donc coiffée d’une lampe frontale que je vais commencer cette exploration avec vous ! J’ai choisi 10 artistes en incluant ceux qui m’ont le plus touchés et aussi ceux que vous n’imaginez même pas être à Street Art City tellement ils vivent loin de cette jolie campagne ! Allons-y !

La chambre des refusés une claque monumentale offerte par ASIER !

Je ne vous dit pas la sensation lorsque l’on pénètre cette chambre 94 ! Des regards de migrants, réfugiés, expatriés sont tournés vers vous ; l’instant est saisissant. L’odeur de moisi de la pièce est pénétrante et la sensation de ne pas être à sa place très étrange. C’est justement ce qu’a voulu faire ASIER, cet artiste espagnol a juste inverser les rôles… Ces visages sont ceux des personnes que vous regardez d’habitude à la télévision bien installé dans votre canapé. Et là vous vous retrouver entouré des ces personnes obligées à quitter leur domicile, leur famille, leur pays, leur histoire pour tenter de sauver leurs vies. Je pense que vous venez de le comprendre… Cette visite de l’hôtel 128 est forte en sensations !

Du Pop’art acidulé pour un message un peu moins léger par Tavin Davis

Quand on rentre dans la chambre 65 baptisée « Like me, like me, like me », on sent comme un petit vent de fraîcheur qui se transforme vite en questionnement. Ce jeune artiste Américain venu du Montana utilise les codes acidulés du pop’art et ses icones comme Marilyn Monroe pour critiquer la société Américaine tout comme l’usage que nous faisons des réseaux sociaux. Tavin Davis n’est pas un artiste très connu ; mais il est déjà beaucoup copié !

Fishtopia par Kid Crayon : le royaume des poissons dinguos !

Cette chambre 47 réalisée par Kid Crayon un illustrateur de Bristol est pour le moins barrée ! Les poissons jouent avec des avions en papiers, chantent et s’amusent ! Le paradis des poissons ! Cet artiste a pour habitude de mettre en situation des personnages de la vie de tous les jours dans des situations plus que banales. Il semblerait que pour Street Art City ses personnages se sont transformés en poissons ! Sur le seul personnage « humain » on reconnaît très bien le style de l’artiste qui vient de l’univers de l’animation 2D. Je vous ai sélectionné cet artiste car il ne peint que très rarement en France ; mais plutôt en Angleterre et Allemagne ; j’ai donc été plus que surprise de le retrouver ici et encore plus de voir que ses personnages étaient des créatures marines pour la plupart…

Faites le neuf ! Une chambre peinte en musique par Ana Fernandes

 Quand j’ai ouvert la porte de la chambre 50, investie par Ana Fernandes, artiste Franco-Portugaise ; j’ai trouvé l’atmosphère très apaisante. Je n’ai pas su si cela était à cause du bleu qui me rappelait la Grèce, des visages assez doux, une ambiance générale très agréable se dégage de son travail… De grandes lamelles de plastiques dessinées tombent et offrent au regard une superposition de dessins et une impression de profondeur dans cet espace restreint. J’ai lu que cette artiste avait la particularité de réaliser ses ouvres en se laissant conduire par la musique qu’elle écoutait… Personnellement j’opterais pour du Jazz avec en arrière-fond un bruit de petites vagues. Mais peut-être aurez-vous une autre idée que moi sur la musique !

Enigmatique et effrayante ; cette chambre réalisée par Nosbe est un monde à part !

Habituellement je ne suis pas trop sensible à ce type de travail ; mais là le niveau de détails est impressionnant ! L’accumulation de dessins dans le dessin ; les murs et plafonds recouverts de personnages énigmatiques, et parfois glauques m’a impressionnée. J’ai eu le sentiment d’être dans la cage d’un univers parallèle ! Et quand je pense que cette chambre s’appelle « Bienvenue », je ne peux m’empêcher de sourire. Comme vous l’avez vu Nosbe, artiste Français, se focalise sur l’élaboration de compositions énigmatiques et obsessionnelles mêlant chimères, visages, plantes et formes organiques. On retrouve son travail sur de nombreux murs en France, dans des friches et aussi sur des objets.

La palme de la féminité de l’Hôtel 128 revient à Rachel Bergeret pour sa chambre Liberté !

Quelle respiration pendant cette visite que de rentrer dans cette chambre ultra-girly, voire féérique ! Le personnage de Rachel Bergeret, une artiste plasticienne Parisienne, est justement très Parisien. Cette créature échappée du Lido ou autre cabaret est ultra-féminisée avec ses cils et ses ongles interminables. Elle a ce je ne sais quoi de Haute Couture propre à l’univers de l’artiste. C’est gold, c’est rose,.. et puis il y a cette inscription qui vous dit que le personnage n’est peut-être pas si frivole que vous le pensiez. Je vous laisse découvrir, en vidéo cette fois-ci, cette chambre si féminine !

 

L’émotion par le regard dans la chambre « Catharsis » de Ted Nomad

Je vous ai déjà parlé de Ted Nomad dans la 1ère partie de ma visite à Street Art City. Cette chambre 24 semble être une phase libératoire de son travail puisqu’il l’a baptisée Catharsis. Une libération de l’émotion brute par les regards ; dans lesquels on peut déceler de l’innocence, de la colère, de la souffrance,… Une atmosphère très dure pour cette chambre qui s’adoucie sous les regards de ses personnages. Un travail de pochoir impressionnant qui donne envie de rester sur les lieux un peu plus longtemps pour décrypter ce que ces visages ont à nous raconter.

Inspiré par Basquiat mais pas que ! La chambre de BAST est rock !

Je ne sais pas si vous l’avez remarqué, mais à chaque fois que l’on va dans un lieu de Street Art ; il y a systématiquement un artiste qui nous fait penser à Basquiat ! Et bien voilà à Street Art City il s’agit de BAST un artiste Français qui a réalisé la chambre « The Man Alone ». Certes très inspiré par le maître du Street Art ; BAST est aussi rock, voire Punk comme vous pouvez le constater sur la photo. Il bombe en Noir & Blanc comme en couleur. Personnellement je ne sais pas quoi en penser, si ce n’est que j’ai tout de suite pensé à un autre artiste qui avait un talent immense et donc a inspiré et inspire encore beaucoup de monde !

No Sleep Till Brooklyn, la vie de ZESO résumée dans cette chambre de l’hôtel 128 !

Je ne pouvais pas oublier ZESO dans cette sélection. Je pense que cet artiste a contribué, avec son malheur au développement de Street Art City en passant la 1ère saison entière en résidence. Sa contribution est immense ; il a travaillé sans relâche et a produit de nombreuses œuvres ; et aussi fait venir des artistes de sa vie d’avant. ZESO est originaire de Lyon (d’où le 69 gravé dans la porte) et a passé plus de 10 ans à graffer à Brooklyn en devenant un incontournable de la scène New Yorkaise. Malheureusement il s’est un jour trop rapproché de la frontière Mexicaine et a été contrôlé, puis, comme il vivait sans Visa, tout simplement expulsé. La façon dont il a investit la chambre 69 est frappante ; la couleur est derrière un grillage et le Noir & Blanc en liberté… Le titre de la chambre « Pas de sommeil/répit jusqu’à Brooklyn » nous fait bien comprendre que son désir est d’y retourner. J’ai vu beaucoup des œuvres de Zeso en France et je n’ai jamais imaginé que son éloignement des USA avait été aussi violent. Cette chambre m’a ouvert les yeux sur l’artiste !

Une touche de légèreté infantile avec le drôle d’oiseau de PEC

Comme j’ai fait une sélection un peu particulière ; je me suis dit qu’elle pouvait vous donner une mauvaise image de l’Hôtel 128 ; car il y a aussi beaucoup de réalisations légères, fun, enthousiasmantes et colorées et donc à voir et visiter avec des enfants. Je me suis dit que finir avec le drôle d’oiseau de PEC, baptisé Knar, était une bonne idée. PEC est un artiste Lyonnais et son oiseau avec les années est devenu la petite mascotte de la ville. Les visiteurs s’arrêtant, ou juste passant, par Lyon ne peuvent pas le louper; puisqu’il est sur tous les échangeurs d’autoroutes et axes importants. Le seul objectif de l’artiste est d’apporter de la joie aux passants et c’est plutôt réussi. Sa chambre Tetra Pack fait référence à la chasse au « Brik de PEC » qu’il avait organisé à Lyon en Juin 2018… Comme une chasse aux œufs de Pâques en un peu plus original.

J’espère que ma sélection vous a intriguée ! Vous l’aurez compris elle ne représente qu’une infime partie des 128 Chambres à découvrir dans l’Hôtel 128 ! Maintenant je vais passer aux choses sérieuses mon verdict sur Street Art City !

 

Street Art City est à voir absolument !

Vous avez bien lu, et pourtant comme je vous l’ai écrit dans mon 1ère article sur la découverte des extérieurs de Street Art City, j’avais beaucoup d’apriori ! C’est réellement une expérience unique au monde ! L’immersion dans l’Hôtel 128 vous donne le tournis et vous en ressortirez KO. Les extérieurs sont plus qu’agréables et vraiment variés. Qui plus est ; ils proposent une restauration simple à base de produits frais dans un lieux plus qu’original que vous découvrirez sur place. A faire en famille ou en bande d’amis ; Street Art City vous promet de passer une très belle journée. Et franchement les 20 euros qu’il vous en coûtera ne seront plus rien après ce que vous aurez vécu ! Si je l’ai fait en partant de Paris le matin et en arrivant à Lyon le soir, vous pouvez le faire aussi !

Si ce nouvel article vous a plu merci de me laisser un petit commentaire sympa et de partager 😉

Si vous aimez les balades Street Art n’hésitez pas à faire un tour sur mes autres découvertes à Brooklyn, Manhattan et Paris ! Et vous pouvez aussi suivre mes découvertes Street Art sur mon compte Instagram !

A bientôt pour de nouvelles aventures !